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Mercredi, des experts saluent une démarche bénéfique aussi bien pour les entreprises elles-mêmes que pour l’économie algérienne. Le consultant international en développement économique, Abderrahmane Hadef, souligne que les partenariats industriels entre les entreprises publiques algériennes, ainsi qu’entre les secteurs public et privé, constituent désormais un levier stratégique pour accélérer l’intégration industrielle nationale et renforcer la création de valeur locale.

Il indique que dans un contexte marqué par la volonté de diversification économique et de réduction de la dépendance aux importations, ces coopérations permettent de structurer des écosystèmes industriels plus solides, capables de répondre aux besoins du marché national tout en développant des capacités exportatrices. Selon lui, ces partenariats favorisent également une meilleure coordination entre les différents acteurs économiques autour d’objectifs communs liés à la souveraineté industrielle et à la transformation économique de l’Algérie.

SNTF et FERROVIAL en exemple

Abderrahmane Hadef ajoute que ces initiatives contribuent à l’augmentation du taux d’intégration locale en stimulant la fabrication nationale d’équipements et de composants auparavant importés. Il a cité, à ce titre, l’accord récemment signé entre la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) et l’Entreprise nationale de construction de matériels et d’équipements ferroviaires (FERROVIAL) pour la fourniture de 800 wagons-remorques destinés au transport du phosphate sur la ligne minière Est.

Le consultant estime que ce type d’initiative permet non seulement de développer une industrie ferroviaire locale, mais aussi de consolider toute une chaîne de valeur nationale autour de secteurs stratégiques tels que les mines, la logistique et l’industrie mécanique. Dans le secteur agricole également, il souligne que les partenariats industriels ouvrent de nouvelles perspectives pour moderniser les capacités de production et soutenir la sécurité alimentaire. Il évoque la coopération entre SAMPO et Agro-drive, filiale du groupe public Agrodiv, pour l’acquisition de matériel agricole fabriqué localement.

Selon lui, ce type de partenariat favorise le transfert de savoir-faire, l’émergence d’un tissu de sous-traitance locale et la réduction des coûts liés à l’importation, tout en offrant aux agriculteurs des équipements mieux adaptés aux réalités du marché algérien. «Au-delà de leur dimension industrielle, ces partenariats représentent un véritable facteur de compétitivité pour l’économie algérienne», soutient-il.

Dans ce sillage, il explique qu’en mutualisant les investissements, les compétences techniques et les capacités de production, les entreprises nationales peuvent gagner en efficacité, améliorer la qualité de leurs produits et renforcer leur positionnement sur les marchés régionaux et internationaux. «Cette dynamique apparaît essentielle pour accompagner les ambitions de l’Algérie en matière de diversification économique, de développement industriel et d’intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales», indique-t-il.

Une dynamique porteuse

Pour sa part, l’économiste Mohamed Adem Mokrani estime que les partenariats qui se développent aujourd’hui entre les entreprises algériennes dépassent largement leur simple dimension commerciale et participent au renforcement de la souveraineté économique de l’Algérie. Selon lui, ils traduisent surtout une évolution importante de la vision économique du pays, désormais orientée vers une logique de complémentarité productive plutôt que de dépendance extérieure.

«Le rapprochement entre entreprises publiques, mais aussi entre acteurs publics et privés, permet de mutualiser les capacités industrielles, de sécuriser les débouchés et surtout de construire un véritable tissu économique intégré autour des besoins stratégiques nationaux», estime-t-il. Dans un contexte marqué par la pression sur les devises et la nécessité de diversifier l’économie, Mohamed Adem Mokrani considère que cette démarche favorise une meilleure circulation de la valeur ajoutée à l’intérieur du pays, stimule l’investissement industriel local et contribue progressivement au renforcement de la souveraineté économique nationale.

L’analyste souligne également que cette orientation traduit une volonté de faire émerger des filières algériennes capables d’accompagner les grands projets structurants de l’Algérie, notamment dans les secteurs ferroviaire, minier et agricole. Enfin, il estime que ces partenariats à long terme apportent davantage de visibilité et de stabilité aux entreprises concernées, un facteur essentiel pour encourager l’investissement et améliorer la planification industrielle.

Pour de nombreux observateurs, cette dynamique de coopération industrielle pourrait ainsi devenir l’un des principaux moteurs de la nouvelle stratégie économique de l’Algérie, fondée sur la production locale, l’intégration nationale et la réduction de la dépendance aux importations.